Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

CONCOURS "L'ENCRE & LA PLUME ENTRE CIEL & MER" 2012-2013

« Et Dieu, dans tout ça ? »

I. La fille du Calvaire.

Moi, Poncius Pilatus, Préfet de Judée, ai résolu de consigner sur mes tablettes certains évènements dont je fus à la fois l'acteur et le témoin. Ces faits, qui relèvent du prodige, se sont produits à Jérusalem durant mon gouvernement, l'an 562 ab Urbe condita, seizième du règne de Tibère, notre César Auguste. Qu'en dire à la postérité ? Ce que j'ai vécu, comment l'exprimer?

J'ai longtemps gardé le silence à propos de l'affaire « Jésus ». Parvenu au soir de ma vie, je cherche à me retrouver dans le fatras de mes souvenirs. On pourrait sans doute en tirer un gros livre. Plus gros encore, celui qui rester à faire avec tout ce qu'on ignore ! Une chose est de vivre l'Histoire, une autre de l'écrire.... Je n'ai jamais eu ni le goût des Belles-Lettres, ni le temps de m'y consacrer et ne me sens aucun talent pour cela.

Lorsque Vitellius a revêtu du sceau impérial le décret m'enjoignant de regagner Rome, j'ai tout de suite compris qu'on me signifiait mon renvoi. Pour qui prend de l'âge, il est dans l'ordre des choses de faire place à de plus jeunes. Aujourd'hui, je sens ma fin s'approcher. Je lis mon inéluctable déclin dans le regard de mon entourage. Ceux-là qui jadis m'encensaient ne cessent de me décrier. Puissent les dieux et les déesses me soustraire à ce monde, avant que je n'aie atteint la totale décrépitude. Lorsque j'aurai versé mon obole à Charon et franchi les eaux noires du Styx, nul ne se souciera de ce que j'ai dit dit ou fait de mon vivant. Qu'est-ce qui m'attend dans l'au-delà ? Je balance entre le vide, le néant et le rien, cette non-réponse illustrant l'inanité de la question posée. Je ne me sens pas en droit de parler d'un lieu dont personne n'est jamais revenu. Que certains prétendent le contraire à propos du Nazaréen ne change rien à mon intime conviction.

Et Dieu, dans tout ça ?

Nous, les Romains, sommes censés en adorer plusieurs, à commencer par l'Empereur lui-même. Objets multiples de notre piété, ils sont doués de certaines vertus et affligés de vices certains, qu'on leur pardonne volontiers, justement parce qu'ils sont des dieux. Par le caducée de Mercure, ne m'en demandez pas plus. Un haut fonctionnaire est professionnellement tenu de croire aux Immortels. Il n'a donc pas à se poser de questions sur l'immortalité en général et la leur en particulier.

En ce temps-là, l'on célébrait à Jérusalem la Pâque juive. Ai-je eu raison, ai-je eu tort de respecter pendant la durée de mon mandat les us et coutumes d'un peuple qui se proclame « élu de Dieu » ? Je ne pouvais faire moins que traiter les Juifs à l'égal des adorateurs d'Isis et de Mithra, car ces divinités ont été admises dans notre panthéon, en dépit de l'étrangeté du culte qui s'y attache. Mais que faire de ce Dieu unique et qui n'a pas de nom ? Où le caser ? Plutôt, quel sort réserver à ses sectateurs qui osent contester notre suprématie et nos divinités ?

On m'a fait savoir en haut lieu que la tolérance n'est plus de mise pour les Juifs. Par décret impérial, les adeptes d'une telle superstition sont tenus de brûler leurs vêtements de culte et autres objets sacrés. Sous prétexte de service militaire, on exile leur jeunesse aux confins de l'empire. Les religionnaires plus âgés sont purement et simplement chassés de la capitale. En cas de désobéissance, ils encourent la servitude perpétuelle.

Par le trident émoussé de Neptune ! Ces Orientaux avachis n'ont à qu'à s'en prendre à eux-mêmes ! Ils ont bien de la chance d'avoir été colonisés par nous, les Romains, car ils sont incapables de se prendre en charge et de former en leur sein une élite capable de gouverner. Les Juifs courent sans cesse après leur Messie, grand bien leur fasse ! En la personne de Jésus, ils ont bien cru l'avoir trouvé ! Ce personnage, en apparence inoffensif et doux, s'était révélé bon meneur d'hommes. Bien qu'il ne contestât point l'autorité de César, il fut considéré comme un agitateur, dénoncé puis emprisonné. Personnellement, je ne l'ai jamais considéré comme un individu dangereux.

Le procès vite expédié, dont j'eus charge, eut un fort retentissement. Qui souhaite en connaître le détail n'a qu'à se référer aux minutes de l'instance. Elle aboutit à la condamnation de Jésus. Certains m'ont fait grief de cette parodie de justice. À ceux-là, je réponds qu'il existe un enchaînement des faits, une logique implacable à laquelle moi, Pilate, ne pouvais échapper. La « raison d'Etat » veut que, moins il y a de charges contre celui que la vindicte publique accable, plus il est châtié. Moins l'instance est fondée, plus il est difficile d'y renoncer, une fois celle-ci engagée. Moins le prévenu est coupable des accusations portées contre lui, plus ses dénégations sont considérées des aveux, lesquels ne peuvent déboucher que sur le châtiment suprême !

Bizarrement, la postérité ne retiendra de moi qu'un infime et absurde détail. Après avoir rendu la sentence fatale, il paraît que je me lavai les mains. La belle affaire ! Que n'eût-on pas dit du préfet de Rome, s'il eût manqué aux règles de la plus élémentaire hygiène !

La croix, la croix, vous dis-je, avait été dressée pour cet infortuné. Il me restait une échappatoire. À l'occasion de la Pâque juive, j'avais la faculté d'exercer mon droit de grâce, mais en faveur d'un seul condamné. Je proposai que ce fût Jésus. J'entendis la clameur de la foule, qui montait jusqu'au prétoire : « Pas lui... pas lui... mais Barabbas ! ». C'était le nom d'un bandit de grand chemin qui moisissait dans nos cachots. La croix eût été pour un individu de ce genre un châtiment trop doux. Pourquoi la vindicte populaire s'acharnait-elle contre le Nazaréen et non contre ce malfaiteur ? Pourquoi tant de haine ? Qui donc avait su si bien manipuler le peuple juif ?

Après l'audience, une femme, qui faisait partie des proches de Jésus, vint à ma rencontre. Elle s'appelait Myriam, mais était dite aussi Madeleine, du fait qu'elle était originaire de Magdala.

Pourquoi cette Marie-Madeleine avait-elle demandé à me rencontrer seule à seul ? Sans doute avait-elle de bonnes raisons pour cela. Je ne savais rien d'elle auparavant. Ses gestes et les mots qu'elle trouva pour plaider la cause de son Maître surent toucher mon cœur. Quand une femme de cette trempe rencontre un homme de mon acabit, il se trouve forcément un terrain d'entente. On devine aisément lequel. Bref, les charmes de cette personne étonnante se dévoilèrent à moi, son corsage entrouvert me promit monts et merveilles. Par le membre dressé de Priape, qu'elle était belle ainsi ! Madeleine (autant le dire) aimait les hommes, qui le lui rendaient bien. Elle assumait son passé de courtisane. Qu'importe ici son ancien état ! Contrairement aux filles de bas étage, elle avait un cœur noble et l'esprit raffiné. Sa rencontre avec le Nazaréen fut un séisme dans sa vie. De toutes les femmes qui l'entouraient -nombreuses à ce qu'on m'a dit - elle fut la la plus fervente, la plus passionnée. Elle recevait et donnait sans compter.

À meilleure preuve, ce parfum de prix, qu'elle répandit à profusion sur les pieds de son Maître.

Que vous dire d'autre sinon qu'il émanait d'elle une beauté solaire ? Madeleine rayonnait d'amour, je fus à mon tour subjugué par son charme, comme Jésus l'avait été. Je ne débattrai pas sur la question de savoir si son amant était ou non d'essence divine. Ce point n'est pas sans intérêt, mais il déborde mon propos. Certains rejettent l'idée même que Jésus ait pu avoir des relations physiques avec une femme. Par les flèches de Cupidon, pourquoi ce Dieu fait homme (si tel était le cas) eût-il fait fi Madeleine ? Il n'était pas, que je sache, astreint à la continence et elle était si belle !

Nous voici au jour de l'exécution. Il était prévu qu'elle eût lieu sur le mont « Golgotha », une hauteur proche de Jérusalem. Trois croix y avaient été dressées. En ce lieu, deux larrons furent crucifiés comme prévu. Le mystère demeure quant à l'identité du troisième supplicié. Je puis aujourd'hui lever un coin du voile, mais il me faut revenir auparavant sur le déroulement des faits.

A peine avait-on mené les condamnés sur le lieu de leur supplice, qu'un violent orage éclata sur Jérusalem. Au pied du Golgotha, la foule assemblée pour assister au spectacle de l'exécution vit un mauvais présage dans le déchaînement des éléments. Par le foudre branlant de Jupiter ! Ce qui n'est pour moi qu'un phénomène naturel passe, aux yeux du peuple superstitieux, pour une manifestation de la colère des dieux. Un vent de panique secoua l'assistance. On se dispersa tout de suite et dans le plus grand désordre. Seuls demeurèrent dans la tourmente Marie, mère de Jésus, Jacques son frère, ainsi que Madeleine et Jean, les plus fidèle de ses disciples. Je ne parle que pour mémoire du bourreau lui-même et de ses assistants. Je leur ai fait ensuite couper la langue pour qu'ils gardent à jamais le silence sur ce qu'ils ont vu. Mais il y eut un témoin secret, autrement important, ce Judas qu'on voue aux gémonies pour avoir livré Jésus. Certains croient que l'homme est libre d'agir en bien comme en mal sa vie durant. Je tiens pour ma part que le traître, autant que le héros, ne sont que les acteurs d'un drame écrit d'avance. Ainsi en fut-il de l'Iscariote, docile instrument du Destin. J'appris que sa prétendue « trahison » s'était produite avec l'accord de Jésus, et même à sa demande expresse pour que les prophéties pussent s'accomplir. Judas, en livrant son maître, ne fit donc, selon cette interprétation, qu'exécuter son dessein suprême.

Je ne livre ici qu'une hypothèse. Elle contribuera peut-être à élucider l'énigme du troisième larron, « l'inconnu » du mont Golgotha.

Après que l'ouragan se fût calmé, la rumeur se répandit que le corps du supplicié avait été descendu de la croix, enveloppé de bandelettes, et inhumé dans la sépulture que Joseph d'Arimathie, un sympathisant de la famille, avait fait aménager pour lui-même, au creux du rocher. La mise en bière se passa très vite. La chaleur coutumière en cette période de l'année commençant à monter, il fallait devancer la prompte putréfaction du corps. Dès que le sarcophage fut refermé, je préposai des centurions à la garde du tombeau. Garant du maintien de l'ordre public, je devais avant tout mettre le cadavre l'abri des outrages, empêcher tout acte de provocation.

Sur ces entrefaites, la nouvelle se répandit que Judas venait de se pendre. Ses anciens compagnons prétendirent que le misérable s'était fait justice à lui-même. Nul ne se soucia d'examiner son cadavre, qui fut jeté sans cérémonie à la fosse commune.

Deux jours s'écoulèrent, sans que rien se passât à ma connaissance qui mérite ici d'être rapporté.

Le troisième jour, Madeleine venue se recueillir sur le tombeau, découvrit avec stupeur qu'il était vide. Consternation ! La sépulture avait été pourtant constamment surveillée, ainsi que je l'ai dit, nul n'aurait pu s'en approcher sans être remarqué.

Ce qui va suivre n'en paraîtra que plus incroyable. Selon des témoignages invérifiables, Jésus serait sorti vivant du sommeil de la mort. Madeleine aurait d'abord pris sa silhouette à contre-jour pour celle d'un jardinier, avant de le reconnaître. Thomas l'incrédule aurait demandé à toucher ses plaies. Le Maître serait ensuite apparu, tout nimbé de lumière, à l'ensemble de ses disciples

Je m'en voudrais d'être plus sceptique que Thomas et n'écarte pas la possibilité d'un fait surnaturel. L'impossible étant exclu, il faut parfois passer par l'improbable pour atteindre le vrai.

Toutefois, un souci de rationalité guide mon propos. Je fournis ici des propositions plus simples, qui ont aussi plus de chances d'être les bonnes.

Si la sépulture a été trouvée vide, c'est que personne n'y avait été inhumé.

Si Jésus a été revu en vie, c'est qu'il n'était pas mort pour de bon. Car il faut d'abord mourir pour pouvoir ensuite renaître. Le rôle de Judas est déterminant dans ce qui va suivre.

Si ce misérable a péri, ce n'est pas dans les conditions qu'on croit.

Ce disciple au tempérament ombrageux et mystique, entièrement dévoué à son maître, haïssait le rôle que ce dernier lui avait assigné. Non, le traître ne s'est pas pendu ! J'en sais quelque chose, moi Pilate, qui ai longuement interrogé Madeleine après la prétendue résurrection de Jésus. La version des faits qui en ressort est la suivante : incapable supporter l'opprobre général et le ressentiment de ses compagnons, Judas s'est fait crucifier à la place de Jésus. Son sacrifice suprême restera à jamais méconnu, de par la connivence et le silence obstiné d'un poignée de ses proches.

Pour comprendre les tenants et aboutissants de cette sombre affaire, un maillon manque encore à la chaîne : une clause, que j'ai tenue jusqu'à présent secrète, de mon pacte avec Madeleine.

Celle-ci n'a jamais fait mystère de son ardent amour pour le Nazaréen. Elle savait qu'il fallait Jésus fût mort, en apparence, pour être proclamé ressuscité. Ce qui n'impliquait pas son trépas véritable, un autre pouvant disparaître pour lui. Ayant accompli ce qui était écrit, le Messie, puisque tel est le nom qu'on lui donne aujourd'hui, n'avait plus besoin d'occuper le devant de la scène.

Ce qu'il est devenu par la suite, honnêtement, je n'ignore. Peut-être a-t-il tout simplement repris la menuiserie de son père.

Il y a toute apparence que Madeleine l'ait accompagné durant le reste de sa vie, que des enfants soient nés de cette union. Rien ne serait plus naturel. Un jour, ils mourront ensemble et reposeront dans le même tombeau. Ubi Gaius, ibi Gaia. Malgré le temps qui passe, le souvenir de cette femme adorable – et de la nuit qu'elle m'offrit en contrepartie de mes faibles services - me hante encore aujourd'hui. Certes, Madeleine était une fille de peu. Je n'ai connu d'elle que son corps, son parfum secret m'échappe à tout jamais.

A ceux qui jugeraient cette issue immorale, moi, Pilate, réponds ceci : qu'il est beau que quelqu'un qu'on prétend le Sauveur de l'humanité ait été lui-même sauvé par l'amour d'une femme.

PONCIVS PILATVS, IVDEAE PROCVRATOR

II. La folle du cimetière.

L'homme a sifflé sur mon passage, et j'ai senti son regard lourd couler sur moi. Comme je ne réagissais pas, il m'a traitée de traînée. Enfin, de pouff', ou je ne sais quoi. J'ai horreur qu'on me siffle dans la rue, je n'aime pas être reluquée et insultée par le premier venu. Je suis une... comment dire ? « Cocotte » est un mot qu'on n'emploie plus. Enfin si, avec les enfants. Poule de luxe, courtisane, gourgandine... passe. Pétasse, radasse, pouffiasse... autant de qualificatifs avilissants. En un mot comme en cent, je veux bien être pute... mais pas soumise.

Je fais partie des disciples du Maître. Chacun a son rôle assigné. Simon Pierre a trois fois renié, Judas celui qui a trahi. Le pauvre en a pâti, car il n'est plus. Thomas ne croit que ce qu'il voit. Moi, je suis la fille de joie.

Car je suis tout et son contraire. On me dit fragile et volontaire. Volcanique et douce à la fois. Facile et difficile. Exigeante et permissive. Affectueuse et cruelle. Inconstante et fidèle. Impulsive et sensuelle, voluptueuse même. Après tout, oui, je suis – enfin, j'étais – une femme de mauvaise vie. Au fait, qu'est-ce que cette expression veut dire ? Et pourquoi ne l'emploie-t-on qu'au féminin ? On n'entend jamais parler d'hommes de mauvaise vie. Quelque part, il doit en exister. Sans aller chercher plus loin, je pense à celui qui me harcèle et se fait de plus en plus pressant. Il a quelque part une femme pourtant, qui l'attend, sans doute aussi des enfants.

Pour faire le malin, il me demande combien je prends. Je lui réponds carrément :

« Vingt deniers pour une pipe et cinquante pour la totale. Tarif syndical, mon gars ! Tu payes, ou tu t'en vas ».

Là, croyez-moi, ça lui en bouche un coin : l'homme n'insiste pas.

« Va, ma belle, tu peux passer ton chemin ! Que ce soit cinquante ou vingt, c'est déjà trop pour mes moyens. »

Parler d'argent, ça fait du bien, ça calme au moins l'ardeur des gens.

Lui, c'est le gardien du cimetière. Aujourd'hui, c'est Pessah : la Pâque, un jour férié. Il faut surveiller ce lieu fréquenté. Je ne dis pas qu'il soit de sot métier, sinon que dirait-on du mien ? Cet homme est de permanence, il est forcé d'être là. C'est pour cela qu'il est si mal luné. Sans doute, il serait mieux dans sa famille à se reposer. Mais il faut qu'il gagne sa vie, alors on l'a mis de faction.

Trop heureux d'avoir obtenu cette fonction, il tue le temps en regardant passer les gens. Les filles, surtout. Quand il en trouve une à son goût, il met sa bouche en cul de poule. Siffle et persifle. La victime (une supposition), ne répond pas à ses provocations. Elle fait celle qui n'entend rien. Du coup, voilà les noms d'oiseaux qui se mettent à pleuvoir ! Faut-il que les hommes soient idiots et insolents, pour nous courir après, s'ils nous méprisent tant !

N'empêche.... Cela me vexe d'être ainsi traitée.... Ah, je t'en ficherai, moi, des traînées ! Ce mot de pouff' colle à ma peau, j'ai bien du mal à m'en débarrasser. Les femmes comme moi s'usent à faire le métier. C'est comme je vous dis : jusqu'à trente ans, c'est la galère. Passé trente ans, vient la misère.

Sauf qu'à présent pour moi, le trottoir c'est fini. Lasse d'être étiquetée, cataloguée, classée, il y a des mois que j'ai cessé de tapiner. Au contact de Jésus, mon Rabbouni chéri, je me suis repentie.... Enfin, c'est toute une histoire. Mieux vaut vous la faire brève, il s'est passé tant de choses depuis !

Figurez-vous qu'aujourd'hui, comme autrefois, j'ai mis ma robe rouge d'organdi, je ne sais pourquoi. Elle me serre la taille. Elle a dû rétrécir au lavage. À moins qu'avec l'âge, je n'aie grossi. Dommage, car j'y tiens à cette robe. C'est elle que je portais le soir où.... Non, là j'arrête. Je ne vais tout de même pas vous raconter ma vie. En ce moment, le gardien me réprimande : « Allons ! Un peu de tenue, ma petite dame ! A-t-on idée de mettre un vêtement aussi voyante pour se rendre au cimetière ? »

Au fond, ce gardien n'est pas un mauvais bougre. Simplement, il tient pour une provocation de s'habiller ainsi. Quand je me penche vers lui, mon corsage entrebâillé, ce n'est pas la même chose chose, peut-être ! Eh bien quoi ? Tu n'as jamais rien vu ? Et mes cheveux mouvants flottant au vent, comment les trouves-tu ?

Le gardien, désarçonné, tire un foulard du cagibi. Me lance d'une voix qui se veut conciliante : « Ça va pour cette fois ! Sur tes cheveux, mets ce truc-là ... tu seras plus décente ! »

Après tout, cet homme, il a raison. Les morts ont droit au respect. Le surveillant ne fait que les défendre en m'interpellant de la sorte. Il fait son travail de gardien, je ne lui en veux pas. Profil bas !

Je fais la naïve, celle qui ne sait pas. Comme de rien n'était, comme si je l'ignorais, je lui demande où est la tombe du supplicié. Celui de vendredi. Pas la peine de préciser le nom du susdit. Ici, tout le monde le connaît. Le gardien est là pour renseigner tous les visiteurs, quels qu'ils soient. Même quand il s'agit de visiteuses. Même celles à la dégaine un peu spéciale, comme moi. Alors, en bougonnant, il m'indique l'endroit. « Je ne t'accompagne pas. C'est tout près d'ici. Va jusqu'au bout de l'allée bordée de cyprès. »

Ça ne l'embarrasse pas de me tutoyer, moi qui suis une fille de la rue, une fille perdue.

Le Maître aussi me disait « tu », mais ça n'avait pas le même sens pour lui. C'était, comment dire ? Un tutoiement gentil.

Là, je parle au passé, puisqu'on vient de l'enterrer. Ne trouvez-vous pas impensable, incroyable inouï, qu'un condamné récemment exécuté repose dans la tombe d'un notable ? Généralement, on ne s'embarrasse pas du cadavre des petites gens. Leurs restes vont à la fosse commune, évidemment. On y jette un peu de chaux, pour désinfecter, deux ou trois pelletées de terre par-dessus, et l'on n'en parle plus. Mais lui, c'est un peu spécial. Ceux qui l'ont estourbi n'avaient rien de précis à reprocher à Rabbouni. Ils ont eu beau chercher, ses détracteurs n'ont rien trouvé contre lui. Pour autant, ça n'a pas empêché le préfet de le condamner.

Au fait, pourquoi ce nom de Rabbouni ? Je suis la seule à l'appeler ainsi. Les autres disent « Rabbi » tout court. Rabbouni, c'est plus gentil, c'est un mot qui n'existe pas, un mot tendre inventé par moi. C'est un diminutif extensif qui raccourcit au lieu d'allonger. J'aurais pu aussi bien dire Rabbinou. Mais, allez savoir pourquoi, j'ai choisi Rabbouni.

J'en reviens juste à ce qui s'est passé. Le Maître était quelqu'un de singulier. On en a fait un cas particulier. Il n'a eu droit qu'à un procès bâclé, qu'on a prétendu régulier. Ensuite, on l'a traité, j'allais dire maltraité, comme si c'était un criminel. Malgré tout, après l'exécution, le préfet a consenti, sur nos objurgations, à ce qu'on lui donne une sépulture décente.

Le Maître avait beaucoup d'ennemis et quelques amis. Parmi eux, des gens riches et influents qui l'admiraient. Qui le suivaient, mais en secret, n'étant pas des plus courageux. Certains, haut placés, croyaient prendre un risque à frayer avec lui. Donc, ne tenaient pas à ce que cela s'ébruitât. Un certain Joseph a proposé sa tombe, à l'emplacement qu'il s'était réservé. On peut toujours dire en plaisantant qu'il n'était pas pressé de rejoindre sa dernière demeure. À ce sujet, il ne faut pas plaisanter : nul ne connaît le jour ni l'heure. Joseph est originaire d'Arimathie, en Judée. Il fait partie du beau linge, c'est une une huile, comme on dit, quelqu'un d'important qui siège au conseil municipal, au Sanhédrin et tout ce qui s'ensuit.

Pourquoi ce haut personnage n'a-t-il rien fait pour le Maître quand il le fallait, au moment du procès ? Pour compenser, il lui a offert sa propre tombe et payé ses funérailles de sa poche, c'est déjà ça. Je tiens à souligner son geste désintéressé.

La dépouille du Maître a été embaumée. J'ai me suis démenée tant que j'ai pu pour obtenir cela. Les autres membres du groupe n'en voyaient pas l'intérêt. Se procurer les aromates dont on a besoin, ça coûte et c'est déjà toute une histoire, alors.... Il faut songer qu'un cadavre n'est jamais beau à voir. C'est juste un mannequin de cire, on peut penser qu'on n'en a rien à cirer, qu'il faut vite s'en débarrasser.... Plus effrayant encore est le cadavre d'un supplicié couvert de plaies. Pas pour moi, s'il s'agit du corps chéri de Rabbouni. J'ai voulu le toucher, le couvrir de caresses une dernière fois.

À tout hasard, j'ai mis dans mon sac une brassée de jonquilles à placer sur la tombe. Au printemps, on en trouve en pagaille dans les champs. Et puis j'ai pris cette fiole de parfum pour couvrir les mauvaises odeurs. La chaleur monte vite à cette saison. « Bouche-toi le nez, ma belle, ce corps en décomposition va schlinguer ! », me dit-on. Mais non, ça m'est égal, je suis forte et je tiens le coup. Et puis, déboucher le flacon, m'imprégner de l'odeur du parfum, cela suffit à m'emplir de nostalgie. Le numéro cinq de Shalom est un parfum hors de prix. J'en fis jadis couler à flots sur les pieds du Maître, en les essuyant de mes cheveux. Les autres femmes du groupe en étaient estomaquées. Ce liquide vaporeux, on en met une larme au creux de l'oreille, une goutte ou juste un soupçon sur les mains. Comment peut-on ne pas songer ainsi au lendemain ? À trois cents deniers l'once, gaspiller ce produit, c'est pure gabegie. Judas, le trésorier du groupe a fait le compte, il arrive à trois cent deniers, l'équivalent de six passes, ou vingt turlutes, comme on voudra. Les autres ont renchéri, calculé qu'on pourrait avec ça nourrir cent indigents. Ce chiffre est indécent. Que voulez-vous, c'est dans ma nature, je dépense sans compter. Loin de me blâmer, Rabbouni m'a souri. Il s'est dit nullement choqué par ma façon de faire, il m'a semblé qu'il m'approuvait. Ce n'est pas le cas de mes compagnes, qui ne cessent de me jalouser.

Voilà que je bavarde au lieu de me mettre à l'ouvrage. À quoi bon évoquer les choses du passé ? Il faut faire vite, car après le coucher du soleil, les inhumations sont interdites. La Loi le veut ainsi.

J'étais presque sûre que le maçon n'aurait pas le temps de sceller le caveau. Je n'ai pas songé qu'il aurait fallu lui donner la pièce pour accélérer. Cet artisan tire-au-flanc a résolu de terminer lundi. Dans l'attente, il s'est contenté de rouler une grosse pierre à l'entrée. Au moins, durant le sabbat, la tombe ne serait pas ouverte à tous les vents.

Justement, m'y voici ! Étrange ! Le bloc de pierre n'y est plus. Il s'est sûrement passé quelque chose d'anormal.... À présent, je crains le pire. C'est cela, j'en suis sûre : la sépulture a été profanée. Un individu malintentionné ? Des pillards organisés ? Il y a tant de rôdeurs et maraudeurs en tout genre qui profitent de ce jour férié pour chaparder. Pourtant le cimetière est bien gardé. Le préfet de Rome a mis en faction des centurions pour surveiller. On ne sait jamais ce qui peut se passer.

Je m'approche lentement de la tombe, toujours plus près. Horreur. Un trou béant. Qu'est devenu le corps que j'avais embaumé et amoureusement enveloppé dans son linceul ? Je vacille et perds connaissance. Est-ce sous l'effet de la chaleur ?

Combien de temps suis-je ainsi restée inanimée ? Celui-là seul le sait, qui secrètement m'observe. Quand je reviens à moi, je remarque un inconnu, tout de blanc vêtu. Je me demande qui il peut être et ce qu'il fait. Je distingue mal ses traits qu'il dissimule sous un chapeau de paille à larges bords. Ce personnage est debout près de moi, se tient immobile, appuyé sur sa pelle de jardinier.

Puis il soulève son chapeau, comme pour saluer. Me sourit. Je sens sur moi son regard plein d'aménité. Mon émotion l'emporte. C'est plus fort que moi, je pleure comme une madeleine.... Il faut bien que j'inaugure l'expression. L'homme compatit. Sortant de son mutisme, il me demande : « Pourquoi ces larmes ? » J'essuie mon visage et lève enfin les yeux vers lui. Quelle n'est pas ma surprise : le Maître est là, bien vivant ! Je l'ai reconnu sous son déguisement. Il m'appelle par mon nom de femme : « Marie ! ». Je lui réponds en employant son doux surnom de « Rabbouni ! ». Tentant de surmonter mon extrême faiblesse, je me redresse à demi, ma bouche avide à hauteur de son aine, une main gracieusement tendue vers lui. Mon autre main posée à terre enserre le parfum dont je m'apprête à l'oindre. Avec une tendresse infinie, ses bras s'ouvrent à moi. Il esquisse le geste que j'attends de lui, que j'implore de tout mon cœur, de toutes mes forces ! Va-t-il enfin s'avancer, m'étreindre ? Un instant d'incertitude suit. Cette attente aura duré toute ma vie. Il ne se passe rien.

Le Maître s'arc-boute et son recul a pour effet de faire glisser la tunique légère. Il est là devant moi, nu, radieux, solaire. Si proche encore et déjà si distant. Son geste est aussi une fuite.

Il me dit seulement : « Ne me touche pas ! »

Non, je ne l'ai pas touché. Lui non plus ne m'a pas touchée, il a déjà disparu. Le Maître s'est annoncé, montré à moi, mais n'est plus qu'une présence absente, une absence présente. Que s'est-il vraiment passé ? Seul le vent en sait quelque chose, un vent léger qui soulève la poussière et fait frissonner les cyprès Je reste là, prostrée, impuissante à étreindre une ombre, un mirage. Je ne fais qu'embrasser une image fuyante....

Étais-je le jouet d'une illusion ? Plus tard, j'ai parlé de mon doute à Simon Pierre, lequel déclare invariablement : « La réponse est Dieu ». Me voilà bien avancée ! Si la réponse est : « Dieu », je me demande quelle pouvait bien être la question. Thomas seul ose contredire Pierre, les voilà encore tous deux à se chamailler. Moi, je serais bien en peine de les départager. Simple et sans instruction, je n'ai jamais su qu'aimer. Peut-être au fond, l'amour est-il une réponse. La mienne.

Je fus la fille du calvaire. Je suis la folle du cimetière, prise entre l'espérance et le regret, une muette prière dans l'éphémère et pourpre floraison des arbres de Judée.

Partager cette page

Repost 0
Published by Marie-Jo - dans CONCOURS "L'ENCRE & LA PLUME ENTRE CIEL & MER"

La Philo Les Pieds Dans L'eau ...

  • : Ballade Philosophique Sur Les Rivages Palavasiens
  • Ballade Philosophique Sur Les Rivages Palavasiens
  • : "Ballade philosophique sur les rivages palavasiens". Tout un programme pour découvrir ou redécouvrir la philo, la culture ... Que vous soyez initiés ou non, nous vous proposons : Atelier-Philo Enfants - Atelier-Philo Adultes - Café-Philo - Entretiens sur la littérature - Café-littéraire - Conférences - Concours "L'Encre & la Plume entre Ciel & Mer" (nouvelles, poésies & contes) - Du théâtre avec la troupe des Cent Talents. Nous évoluons dans différents domaines culturels et notre concept n'est pas figé !
  • Contact

Le billet de la présidente ...

 

 

L'association "Ballade Philosophique sur les Rivages Palavasiens" a été créée en date du 12 mai 2008.

 

Pourquoi "ballade" avec deux "ll" ?

Choix délibéré. Associer la philosophie et la littérature, apogée de l'outrecuidance pour certains me direz-vous, cependant les interrogations , les réflexions sur l'être et sur le monde, ces questionnements cruciaux qui peuvent parfois nous effrayer, pourquoi ne pas les aborder sur une note plus légère et le choix du terme "ballade" peut rendre plus accessible cette discipline.    

 

Découverte ludique de la philosophie sous forme de cours et de débats pour adultes consentants.

 

Pourquoi la philosophie ? Nostalgie d'une année de terminale, curiosité de l'esprit, besoin de comprendre et d'analyser le monde dans lequel nous évoluons, puisque la philosophie traverse toutes les époques, avec parfois, plus ou moins de difficultés.

Egalement le souhait de rendre cette discipline accessible au commun des mortels.

 

Développer notre écoute, réfléchir, être capable d'exprimer nos pensées, nos convictions, prendre en compte les opinions d'autrui, c'est aussi l'apprentissage de la philosophie. D'autant que les thèmes abordés concernent tout le monde.

 

La cotisation annuelle est fixée à 20 € et 30 € pour les couples ou deux enfants de la même famille.

 

Le bureau assume la logistique, le relationnel, la communication et l'évolution du concept.

 

Les différentes disciplines sont assurées par des intervenants.

 

L'association remercie les intervenants qui participent au maintien et à l'évolution du concept, les adhérents et les participants aux différentes manifestations qui permettent à l'association d'exister.

 

Votre contact mail : marijo.alenda@orange.fr 

SAISONS "CAFE-PHILO"

SAISON 2017-2018

- L'ECOUTE

 

SAISON 2016-2017

- RENTREE EN IMMERSION LENTE ET APNEE DETENDUE AU CAFE-PHILO

- CE CHANGEMENT, CES NOUVEAUTES QUI FONT CRAINDRE POUR L'HUMAIN ... OU PARFOIS ESPERER ?

- LE MOT JUSTE ... Performance littéraire ? Exigence éthique ? Volonté de communiquer ?

- OH, MOI, VOUS SAVEZ, LA FAMILLE ... Avoir une (de la) famille, être une famille, faire famille ... ou pas !

- ATTENDRE - Sous l'empire de l'attente : captivité ou libre espoir ?

- FAUT-IL VOULOIR TOUT EXPLIQUER ?

- LA CONFIANCE

- PARLER / SE TAIRE Tu aurais mieux fait de te taire !

- L'AME : (IDEE) INUSABLE ? 

- LE DESTIN : Le prendre en main ou s'en remettre à lui ... s'il existe ?

 

SAISON 2015-2016

- QUAND VIENT LA FIN DE L'ETE ... PHILOSOPHER SUR LES SAISONS

- ENERGIE PERSONNELLE : à la recherche de la source merveilleuse ?

- L'AMBITION, une passion ... Démocratique ou Aristocratique ? 

- PEUR ET PEURS

- LE VIVRE-ENSEMBLE dans la société des individus 

- DONNE ! Que fait-on en donnant ... ou pas ?

- LES BEAUX JOURS ... Les regretter ? Les attendre ? Les rêver ? Les faire advenir ou revenir ? 

- LE NATUREL

- L'INTUITION

- CONVERSATION SUR L'ART ET LES ARTS

 

SAISON 2014-2015

- HABITER

- DE L'ANIMAL EN NOUS ET PARMI NOUS

- T'AS PERDU TA LANGUE ? Langage & communication

- PHILOSOPHIE DU PERE NOEL

- CE QUI NOUS ATTENTE, PERSONNELLEMENT ET COLLECTIVEMENT

- DU MENSONGE entre fait banal et fait de scandale

- QUOI DE NEUF SUR LE BONHEUR ?

- LA RANCUNE ... LE PARDON 

- TU PARLES !! Ne parle-t-on que pour communiquer ou exprimer des pensées ?

- LACHER PRISE : périlleux ou salvateur ?

 

SAISON 2013–2014

- DIVERTISSEZ-VOUS, réalités et significations du « faire la fête » aujourd’hui

- COMMENT PEUT-ON (NE PAS) ETRE LAIQUE ?

- L'AMITIE, au cœur et ... au risque de l'engagement humain

- DOUTE ET CERTITUDE

- LA PART DU "JUSTE"

- LE TEMPS

- S'INDIGNER ?

- LE RIRE

- FEMME et HOMME - FEMININ/MASCULIN

 

SAISON 2012–2013

- PRIVE-PUBLIC, comment ça structure nos univers ?

- LA SOLITUDE, LEURS SOLITUDES, NOS SOLITUDES

- QUELLE ACTUALITE POUR LE "LIBRE-ARBITRE" ?

- LE GAI SAVOIR & LES PHILOSOPHES DE LA JOIE DE VIVRE

- LE CORPS, pensée et usages hier, aujourd'hui, demain

- Et si - par hasard - LE DESTIN N'EXISTAIT PAS ... faudrait-il l'inventer ?

- L'AMOUR : sa vie, ses œuvres, sa romance, ses territoires et ses parts de marché

- EN CONSCIENCE ?

- A QUOI TU JOUES ?

- THEATRE VIE PHILOSPHIE

 

SAISON 2011–2012

- LA FIN & LES MOYENS

- LA MEMOIRE EST-ELLE L'AVENIR DE L'HOMME ?

- LA TRANSMISSION

- LE PATRIOTISME A-T-IL TOUJOURS UN SENS AUJOURD'HUI ?

- LE PROGRES EST-IL INELUCTABLE ?

- L'ETRANGETE DE L'ETRANGER

- Mais que cache le mouvement "ANONYMOUS" ?

- TOUT VA TROP VITE ? Vitesse et accélération dans nos existences contemporaines

- VERITE & UTOPIE

 

SAISON 2010–2011

- MORALE & ETHIQUE

- LE BONHEUR

- LA LIBERTE

- L'HONNEUR

- UNIVERSALITE & DIFFERENCE

- LE PRINCIPE DE PRECAUTION

- LE BEAU

- PEUT-ON VIVRE SANS VALEURS ?

 

SAISON 2009–2010

- QU'EST-CE-QUE PHILOSOPHER ?

- LA LIBERTE

- RAPPORT ENTRE LA PHILOSOPHIE & LA PSYCHANALYSE

- IDEAL & ILLUSION

- ETRE SOI A TOUS PRIX

- DE QUI, DE QUOI, SUIS-JE RESPONSABLE ?

- LE COUPLE

A Lire ...

CAFE-LITTERAIRE & CONFERENCES

CAFE-LITTERAIRE

 

SAISON 2015-2016

Café-littéraire avec :

Monsieur Gérald DUCHEMIN

En date du vendredi 04 septembre 2015

La maison d'édition "Le Chat Rouge"

 

CONFERENCES

 

SAISON 2016-2017

Conférence de :

Monsieur Maurice VIDAL

En date du mercredi 01 mars 2017

"Toute prise de conscience est-elle libératrice ?"

 

SAISON 2015-2016

Conférence de :

Monsieur Samuel COHEN-SALMON

En date du vendredi 06 novembre 2015

"Le rêve"

 

Conférence de :

Madame Elise LANCIEN-ISNARD

En date du vendredi 08 avril 2016

"Ecrire oui ... mais comment ! L'accompagnement littéraire ... Une solution !" 

 

Conférence de :

Monsieur Pierre FERRARA

En date du mercredi 18 mai 2016

"La science des ruses et l'art de la ruse"

 

SAISON 2014-2015

Conférence de :

Monsieur Samuel COHEN-SALMON

En date du vendredi 12 décembre 2014

"Le rêve"

 

Conférence de :

Monsieur Samuel COHEN-SALMON

En date du vendredi 20 mars 2015

"Le rêve"

 

SAISON 2013-2014

Conférence de :

Madame Mireille ZARB-LOMBARD

En date du mardi 17 juin 2014

"Une incroyable quantité de temples à la beauté indicible sur le sol de l'Inde"

 

SAISON 2012-2013

Conférence de :

Monsieur Pierre FERRARA

En date du vendredi 14 juin 2013

"Ulysse et l'éternelle errance"

 

SAISON 2011-2012

Conférence de :

Monsieur Jean-Marie GUIRAUD-CALADOU

En date du vendredi 25 mai 2012

"Le tarentisme méditerranéen"

 

SAISON 2010-2011

Conférence de :

Monsieur Michel THERON

En date du vendredi 19 novembre 2010

"Un regard laïque sur la religion"

 

SAISON 2009-2010

Conférence de :

Monsieur Jean-Marie GUIRAUD-CALADOU

En date du samedi 23 janvier 2010

"La musique est-elle un langage ?"

 

Conférence de :

Monsieur Richard AMALRIC

En date du vendredi 05 mars 2010

"Les cinq sens"

 

 

LA PHILO ... Alain GUYARD

SAISON 2010-2011

PHILO-COMPTOIR

animée par Monsieur Alain GUYARD 

En date du vendredi 04 février 2011

"Décapitez tous les philosophes !"

 

BATEAU-PHILO

animé par Monsieur Alain GUYARD

En date du lundi 08 août 2011

"Platon, philosophe de haute-mer, la dérive de la pensée et l'archipel des certitudes" 

 

SAISONS "ATELIERS PHILO-ADULTES"

SAISON 2016-2017

- FAISONS-NOUS L'HISTOIRE ?

- QU'EST-CE QU'ON ATTEND POUR ETRE HEUREUX ?

- LE BONHEUR EST-IL LE BUT DE LA POLITIQUE ?

- L'ETAT EST-IL UN MAL NECESSAIRE ?

- PEUT-ON FONDER UNE MORALE SANS DIEU ?

- LE DESIR A-T-IL UN OBJET ?

- LA SOLITUDE

- PEUT-ON SE LIBERER DE SA CULTURE ?

 

SAISON 2015-2016  

- COMMENT PROUVER L'EXISTENCE DU MONDE EXTERIEUR ?

- LE SENS DE LA VIE ! ! !

- NUL NE FAIT LE MAL VOLONTAIREMENT

- QU'EST-CE QU'UN HOMME LIBRE ?

- FAUT-IL ETRE MORAL ?

- NATURE & CULTURE

- ETRE UN BON VIVANT !

 

SAISON 2014-2015 

-EST-IL POSSIBLE DE NE PAS ETRE SOI-MEME ?

- DESIR & AMOUR

- VIVRE NU ?

- A CHACUN SES GOUTS

- LA SOCIETE DE CONSOMMATION

 

SAISON 2013-2014

- AVOIR TOUT POUR ETRE HEUREUX

- LE TEMPS QUI NOUS EST COMPTE, COMMENT COMPTE-T-IL ?

- QUELS ACCORDS JOUENT NOTRE CORPS ?

- CHOISIR SES ENNEMIS OU AMIS, EST-CE CHOISIR LE SEMBLABLE OU LE DIFFERENT ??

- L'AMOUR & LE PARDON

- LE SOUCI DE SOI

 

 

Ballade Philosophique Sur Les Rivages Palavasiens